600 kg de bouées de bateau recyclées : comment Lo Lum transforme un déchet encombrant en ressource durable
- Perrine Dumas
- 6 déc. 2025
- 3 min de lecture
Quand j’ai commencé Lo Lum, je n’aurais jamais imaginé qu’un jour j’annoncerais avoir recyclé 600 kg de bouées de bateau. Et, pourtant, si vous avez déjà tenu un pare-battage dans vos mains, vous savez que ce n’est pas un objet anodin : lourd, dense, impossible à recycler dans la filière classique… et destiné, dans la plupart des ports, à finir incinéré ou enfoui.
Aujourd’hui, 600 kg de cette matière difficile ont été transformés — en lampes, en accessoires, en objets porteurs de sens. Ce chiffre mérite d’être expliqué. Et, surtout, il montre à quel point l’upcycling peut changer la donne.
Pourquoi les pare-battages sont un vrai problème environnemental ?
Bouées de bateau, pare-battages, défenses marines… Peu importe le nom : ces objets en PVC sont indispensables à la protection des coques, mais impossibles à recycler dans la filière classique.
Lorsque j’ai apporté au début une seule bouée à la déchèterie, on m’a répondu :
“Ce n’est pas recyclable. Ça partira dans les tout-venants.”
Cela signifie deux choses :
incinération, avec émission de particules fines, dioxines et CO₂ ;
ou enfouissement, où le PVC met plusieurs centaines d’années à se dégrader.
C’est là que j’ai compris qu’il fallait agir.
De l’objet abandonné au luminaire : comment tout a commencé
Un jour, en rangeant mon garage, je tombe sur une vieille bouée laissée par les anciens propriétaires. J’essaie de m’en débarrasser “proprement”… mais rien n’existe pour la recycler. Je la remets dans ma voiture, un peu abasourdie.
Quelques mois plus tard, j’ai besoin d’un luminaire pour ma cuisine d’été. Et, l'idée arrive :
“Et si cette bouée servait encore ? Et si elle devenait… une lampe ?”
Le premier luminaire Lo Lum était né.
Puis sont arrivées les demandes, puis les premières collectes… et aujourd’hui un réseau structuré de 6 points de collecte sur le littoral.

600 kg de bouées de bateau recyclées : que représente vraiment ce chiffre ?
600 kg = un impact carbone réel et mesurable
Incinérer du PVC est très émetteur de CO₂. Selon les facteurs d’émissions reconnus, l’incinération du PVC émet environ :
👉 4,61 kg CO₂e par kilo de PVC
Donc pour 600 kg :
600 × 4,61 = ≈ 2 766 kg CO₂e évités soit 2,7 tonnes de CO₂ non relâchées dans l’atmosphère.
C’est l’équivalent de :
14 000 km en voiture
2 ans de chauffage électrique pour un petit appartement
275 jours d’éclairage d’un immeuble entier
Et ce chiffre grandit à chaque collecte.
Le réseau de collecte Lo Lum 6 ports engagés sur le littoral
Aujourd’hui, Lo Lum récolte les pare-battages sur 6 points stratégiques :
Les Saintes-Maries-de-la-Mer
Port Camargue
La Grande-Motte
Palavas-les-Flots
Le Cap d’Agde
Port Leucate
Rien que pour le Cap d’Agde, la collecte représente déjà :
2024 : 60 pare-battages → 150 kg
2025 : 45 pare-battages → 125 kg
Déchèterie : 275 kg supplémentaires
Objectif 2026 :
➡️ Passer de 6 à 10 bacs de collecte, avec de nouveaux ports comme Carnon ou Sète.

Upcycling marin : décorer et éclairer autrement
Chaque luminaire Lo Lum est :
désassemblé, nettoyé, découpé à la main,
chauffé, mis en forme,
équipé d’un système LED, solaire ou filaire,
personnalisé selon la taille, la couleur, ou même le motif.
Je crée des signatures lumineuses pour les entreprises, les hôtels, les restaurants.Un motif peut reprendre :
un logo,
une inscription,
un symbole local,
un repère territorial (comme le phare de l’Espiguette).
C’est la force de l’artisanat : on peut tout imaginer.
Pourquoi cette démarche dépasse largement la décoration ?
L’ambition de Lo Lum est triple :
Étendre la collecte pour capter toujours plus de déchets nautiques.
Proposer une alternative aux luminaires industriels, souvent importés et à forte empreinte carbone.
Valoriser l’artisanat local et l’économie circulaire en Occitanie.
Mon objectif est clair :
Porter la voix de l’upcycling auprès des entreprises, des collectivités et des acteurs touristiques.
Toute structure engagée RSE gagne à intégrer des objets durables, tracés, fabriqués localement… et qui donnent du sens à leurs espaces.
Conclusion : une filière locale, un impact réel, une lumière plus sobre
Recyclage, artisanat, territoire, durabilité : Lo Lum est né d’un déchet qu’on ne savait pas gérer. Aujourd’hui, ce déchet éclaire et décore autrement.
Chaque bouée sauvée devient une histoire, un objet unique, une lumière responsable. Et ce n’est que le début.




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